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Couvent des Dominicains - Dossier Presse AGDA (jeudi 28 octobre 2010)

COUVENT DOMINICAIN DE LOUVAIN-LA-NEUVE

 

AGDA a été invité début 2008, au même titre que deux autres bureaux d’architecture, à participer à un concours privé pour l’érection du nouveau couvent dominicain de Louvain-la-Neuve, destiné à abriter la Communauté de Froidmont, située jusqu’alors à Rixensart. Le concours s’est déroulé en deux phases. Le maître de l’ouvrage et organisateur du concours était l’Ordre des Dominicains de Belgique-Sud. A l’issue du concours, AGDA est entré en association momentanée avec le bureau wavrien GROUPE 34, dont l’architecte-gérant, Stéphane Braun, est Dominicain et membre de la communauté de Louvain-la-Neuve.   

 

A l’analyse du programme, maximaliste par rapport à la taille du terrain, il est apparu une incongruité à Benoît Gillon et Géry Despret : la chapelle y était décrite par le maître de l’ouvrage comme un espace de petite taille, presque un « local décoré », alors que la volonté de ce dernier était clairement de se rapprocher de la communauté estudiantine tout en s’affirmant en tant que communauté religieuse dans Louvain-la-Neuve. Aucun interface fort n’était prévu avec le monde extérieur, ce qui était en adéquation avec la volonté de discrétion des Dominicains mais en contradiction avec leur forte volonté d’ouverture et d’accueil (comme en témoigne le pub irlandais ouvert et tenu par des Dominicains depuis quelques années, pub situé tout à côté du couvent.). La base de la réflexion des architectes a donc été de faire de la chapelle l’interface logique entre la communauté et l’extérieur. C’est principalement cet axiome et la manière dont ils l’ont développé qui a plu au jury.

 

Située à l’angle d’une « place » (restée jusqu’ici sans aménagement digne de ce nom) sur les hauteurs de la ville, et le long d’un de ses principaux axes de pénétration piétonne, la parcelle destinée à recevoir le nouveau bâtiment présentait une saillie qui a semblé parfaite à Géry Despret et Benoît Gillon pour l’implantation de la chapelle, qui devait ainsi devenir une « proue » pour le bâtiment et un symbole fort mais non « idéologiquement affirmatif » dans le quartier (le maître de l’ouvrage ne voulait pas voir de croix). La forme de l’œuf est venue aux architectes dès les premiers échanges et croquis, naturellement, logiquement. La symbolique n’est venue qu’après, car l’idée se basait au départ simplement sur la structure interne de l’œuf : le « jaune », circulaire, centré, permettait à la communauté de se réunir en temps normal, le « blanc », elliptique et décentré, étant la zone d’accueil des personnes extérieures. Une structure maillée en bois, laissant filtrer la lumière, devait donner la sensation d’intimité en journée et de point de convergence la nuit. D’abord placé de biais, l’œuf s’est petit à petit redressé tout en conservant ses caractéristiques principales. Cela s’est fait en parallèle avec la réflexion des Dominicains sur la fonction de leur chapelle, au départ espace privé « caché » au sein du couvent comme l’indiquait le programme, au final espace ouvert, centré (il n’y a plus dans le plan de différence notable entre communauté et extérieurs), « entre deux » (public et privé), ouvert à la méditation de tout un chacun. La réflexion initiée par les architectes contredisant le programme édicté s’est achevée par l’aménagement d’un sas rendant la chapelle accessible en permanence depuis l’espace public. Une chapelle à deux visages, opaque le jour, transparente la nuit, lisse et plastique à l’extérieur, structurée et faite de bois à l’intérieur.

 

Le couvent se développe comme une habitation communautaire, comparable au mode d’habitat de la plupart des étudiants de Louvain- la-Neuve. Chaque Dominicain possède une chambre avec cabinet de douche et petit balcon, construite un peu à la manière des « cellules » anciennes, étant agrémentées chacune d’une petite loggia de repos ou de travail, qui s’exprime en façade. Au-dessus des deux étages de chambres se développe l’étage de vie (cuisine, salon, salle à manger), construit comme un grand tee-pee et prolongé d’une terrasse d’où l’on voit toute la ville. Au rez-de-chaussée, on retrouve différents espaces de travail, d’administration du couvent et de rencontre. Au sous-sol se trouve le parking et les espaces techniques.

 

L’ensemble couvent+chapelle est un bâtiment dont l’isolation et l’inertie ont été soignées, il bénéficie du label « basse énergie ». L’ensemble des espaces est équipé d’un système de ventilation centralisé à double-flux, les locaux sont munis d’un chauffage-sol basse température.  L’eau de pluie est récupérée pour les fonctions ne nécessitant pas l’apport d’eau potable.

 

Données générales

Le coût total des travaux s’est élevé à 1.490.000 € HTVA.

La surface totale des planchers est de 1370 m², parkings compris.